Déchets sauvages

Cet été, lors de mes sorties d’observations d’oiseaux,  j’ai pris l’habitude d’apporter avec moi un sac pour ramasser les déchets laissés dans la nature.  Bouteilles de plastique, canettes de métal, papiers.  Il faut bien le dire, c’est un constat,  la partie n’est pas gagnée. 

Ce matin,  j’ai eu pincement au cœur alors que je roulais sur l’autoroute.   Le passager d’une voiture a littéralement lancé par la fenêtre, un sac d’un resto rapide, visiblement bien rempli des restes (contenants-emballages) de son repas.   Je suis resté sans mot!   Pourtant, dans un passé, pas si lointain, c’était la norme!

L’historien Yves Hébert l’a constaté au fil de ses recherches.   Il est tombé sur une photo de la rivière Yamaska datant de l’hiver 1969.  On y voit le cours d’eau gelé, puis de petites buttes disséminées un peu partout.  Il s’agissait de dépotoirs domestiques! On entassait ses déchets, puis on attendait que le tout disparaisse au moment du dégel, au printemps… Autre temps, autres mœurs!

Martin-pêcheur d’Amérique

Une canette d’aluminium prend jusqu’à 100 ans pour se bio-dégrader dans la nature. Une bouteille de plastique de 100 à 1000 ans…

Neuf oiseaux marins sur 10 ont déjà mangé du plastique, soit 90%.  Et cette proportion alarmante ne devrait pas aller en diminuant. Des chercheurs américains prévoient une augmentation de l’ingurgitation de plastique par les oiseaux marins, touchant ainsi 99% de toutes les espèces d’ici 2050, d’après les comptes rendus de l’Académie nationale américaine des sciences.

Pour arriver à ce résultat, les scientifiques ont étudié plusieurs données allant de 1962 à 2012 sur 135 espèces d’oiseaux.  Dans plusieurs endroits, la pollution est de 580 000 morceaux de plastiques par km2.

Selon eux, ce phénomène est géographiquement étendu,  généralisé et augmente rapidement.  L’océan Austral, dans la mer de Tasman, entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande, est une zone particulièrement touchée, car il y a en effet de nombreuses espèces d’oiseaux et énormément de plastique.

Les albatros, manchots, mouettes, cormorans et autres goélands, confondent cette matière brillante à la surface de l’eau avec de la nourriture et en fonction de la quantité ingérée, cela peut les rendre malades ou pire les tuer.

Consommation humaine de plastique 

  • 1 million de bouteilles en plastique sont achetées chaque minute dans le monde;
  • 2 millions de sacs à usage unique sont distribués par jour dans le monde;
  • 500 millions de pailles en plastique sont utilisées chaque jour aux États-Unis;
  • 57 millions de pailles sont utilisées quotidiennement au Canada.

Au Québec, c’est au cours des années 70 que  la Loi québécoise sur l’environnement a été adoptée et que le ministère de l’Environnement et le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement ont été créés.

Des bonds de géant ont été réalisés au fil du temps.  Une grande partie de la population est maintenant consciente des menaces qui planent sur l’environnement et de la fragilité des écosystèmes.  Mais, il y aura toujours ces irréductibles qui continueront de jeter leur déchet sans se soucier de l’impact négatif confirmé sur l’environnement.  On parlera alors de déchets sauvages…

Pour en savoir +

https://equiterre.org/actualite/laccablant-constat-de-la-pollution-plastique